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Une affaire de sentinelles
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Une affaire de sentinelles

Maintenant que nous avons épuisé toutes les voies médiatiques possibles pour dénoncer l’acte immonde du président de la république tunisienne, que nous avons publié des articles dénonciateurs, que nous avons organisé des plateaux de télévision sur mesure et en programmation extraordinaire, que nous avons exploité jusqu’au dernier nom notre habituelle liste des experts de tous bords qui savent tout et qui parlent de tout, que nous avons ressuscité les histoires et les anecdotes les plus anciennes sur le Maroc et la Tunisie, que nous avons mobilisé tous nos influenceurs attitrés sur les réseaux sociaux…

Maintenant que nous avons fait tout cela et bien plus…, nous avons l’obligation de passer à l’étape suivante et nécessaire : nous remettre en cause et chercher la faille… Oui, le président Kaiss Said a commis une grave erreur envers le peuple marocain… Oui le président tunisien a porté un coup fatal à des relations amicales entre deux nations… Oui, le président tunisien a surtout causé du tort à son propre pays en l’aligannt sur l’axe du mal… Oui, le président tunisien a placé son pays dans le camp des passéistes et l’a empêché de s’inscrire dans le futur…

Mais, qu’avons nous fait pour empêcher cela ?

 

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Un ami m’a rappelé il y a quelques jours que le fondement de toute diplomatie efficace est l’anticipation… Avons nous anticipé ce qui allait se passer… alors que tout semblait l’indiquer..?
La réponse est Non…
Cela nous rappelle également ce retournement de situation stupide à Bogota où tous les voyants étaient oranges nous indiquant un changement à l’horizon, mais nous n’avions rien fait pour l’empêcher de se produire…
Deux situations similaires se reproduisant à des milliers de kilomètres l’une de l’autre et dans deux environnements géographiques et culturelles totalement différents mais qui nous montrent clairement là où nous avons failli…
Notre machine diplomatique est redoutable. Rien à dire et il faut le dire et le répéter.
Nous avons un ministre des affaires étrangères qui a très bien saisi la philosophie diplomatique du Souverain et qui a su insuffler une dynamique offensive exceptionnelle pour réaliser les objectifs qui lui sont assignés… Je dirai même qu’il est le premier ministre des affaires étrangères marocain à ne pas se contenter d’aller du coté du mur et de multiplier les gestes de prudence qui lui permettaient de perdurer… bien au contraire, il a osé ouvrir des portes et affronter l’inconnu derrière afin de réaliser des percées et mériter la confiance placée en lui par le chef de l’État… Il s’est  peut-être trompé parfois, mais il a réalisé des percées importantes sur des territoires sur lesquels nul, avant lui, n’avait osé s’aventurer…
Mais, la tactique de guerre la plus basique nous indique que dans l’offensive diplomatique, comme dans toute autre guerre, on doit conquérir, sécuriser le périmètre conquis, avancer vers un autre territoire, le sécuriser et continuer à avancer… et ainsi de suite…
Aussi la faille n’est-elle pas dans la phase de la sécurisation des territoires qu’ils soient acquis ou conquis ?
C’est là que se situe notre faille…
À ce ministre, à l’équipe qui se bat à ses cotés, on lui affecte, pour des raisons politiques et partisanes, des apprentis-diplomates à qui on confie la mission à la fois compliquée et complexe de sécuriser un territoire conquis après un énorme effort et de grandes batailles…
Pour en vouloir à un ministre au point de l’accuser de tous les torts quand il y a une faille quelque part, il faut d’abord qu’il puisse disposer de professionnels qualifiés pour assurer le rôle de sentinelle là où il faudra… Être ambassadeur est un métier… ce n’est pas une planque…

 

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